Ada Lovelace, première programmeuse … 100 ans avant l’avènement de l’ordinateur.

En traversant l’histoire à la recherche des pionniers de l’IT, nous n’envisagions pas remonter plus d’un siècle en arrière ! Et pourtant, le premier programme informatique – tel que date de 1843, soit plus de 100 ans AVANT le premier ordinateur, produit par IBM en 1952. Ada Lovelace, une scientifique pluridisciplinaire, écrit ce programme, destiné à faire calculer les nombres de Bernoulli par une machine. Fille de Lord Byron, elle est non seulement la mère de la programmation, mais aussi la toute première scientifique à introduire l’idée d’une intelligence artificielle, voué à résoudre des problèmes complexes, passant du calcul numérique pur à de l’analytique. Durant sa courte (mais brillante) existence, Ada Lovelace aura eu à cœur de « développer une science poétique » … l’une des plus belles définitions – sans doute – de l’informatique.

Un parcours exceptionnel pour un génie en avance sur son temps.

Ses tuteurs sont choisis par sa mère, parmi les plus brillants scientifiques de l’époque. Forte de leurs enseignements, Ada Lovelace s’intéresse très tôt aux sciences et produit, à 12 ans, un traité très complet sur les ailes des insectes. Elle a 16 ans quand sa rencontre avec Mary Somerville (éminente astronome du 19ème) l’oriente vers les mathématiques.

A 17 ans (en 1832), elle rencontre Charles Babbage, inventeur de la calculatrice mécanique. De leur collaboration naîtra le premier programme, écrit (vraisemblablement seule) par Ada Lovelace. Charles Babbage, visionnaire lui aussi, écrira d’elle : « Cette enchanteresse des nombres a jeté son sort magique autour de la plus abstraite des sciences et l’a saisie avec une force que peu d’intellects masculins – dans notre pays au moins – auraient pu exercer. »

Le premier programme informatique

La conception de l’algorithme d’Ada Lovelace commence par la parution – en 1842 dans un journal suisse – d’un article sur la calculatrice mécanique, écrit par le mathématicien Louis-Frédéric Ménabréa (1809-1896). Ada Lovelace, à l’aise en français, consacre plus d’une année à la traduction de cet article, pour le journal Scientific Memoirs.

« Beaucoup de personnes […] s’imaginent que parce que la Machine fournit des résultats sous une forme numérique, alors la nature de ses processus doit être forcément arithmétique et numérique, plutôt qu’algébrique ou analytique. Ceci est une erreur. La Machine peut arranger et combiner les quantités numériques exactement comme si elles étaient des lettres, ou tout autre symbole général ; en fait elle peut donner des résultats en notation algébrique, avec des conventions appropriées. »


Ada Lovelace

Ce n’est qu’après la publication de 1843 que Charles Babbage propose à Ada Lovelace de compléter cette première base (descriptive) par des notes et des compléments. Les deux scientifiques travaillent alors ensemble à la production de 7 notes (labélisées de A à G), bien plus volumineuses que l’article initial. La note G, décrit dans le détail un processus de calcul des nombres de Bernoulli imputable sur la calculatrice. C’est la première fois de l’Histoire que l’on décrit un algorithme dans un langage destiné à être exécuté par une machine et – de fait – le premier programme informatique.

Un génie visionnaire

Sa collaboration avec Charles Babbage – qui aura duré 20 ans – pousse Ada Lovelace à s’interroger sur la portée de « La Machine » sur les sciences. Elle est la première scientifique à pressentir l’impact de l’informatique sur la société.

Au-delà des nombres, Ada Lovelace est convaincue que « la Machine » pourra être capable de manipuler des lettres ou des symboles. Pour elle, les calculateurs futurs doivent être des « partenaires de l’imagination allant bien au-delà de l’usage mathématique : « La machine pourrait composer de manière scientifique et élaborée des morceaux de musique de n’importe quelle longueur ou degré de complexité ». Il faudra attendre 1930 pour que sa prédiction commence à se réaliser avec le calculateur universel d’Alan Turing qui manipule autant les chiffres que des symboles. En avance sur son époque, Ada Lovelace est une véritable pionnière en sciences et en informatique.

Une reconnaissance tardive

C’est en 1979 que le secteur de l’IT rend un hommage concret à Ada Lovelace. Cette année-là, le département de la défense des Etats-Unis choisit son prénom, ADA, pour nommer un langage de programmation.

Autre clin d’œil à ce talent émérite : on peut – encore aujourd’hui – voir le portrait d’Ada Lovelace sur certains hologrammes d’authentification des produits Microsoft.

Enfin, le second mardi d’octobre de chaque année, le Ada Lovelace Day, est une célébration internationale des accomplissements scientifiques dus aux femmes. Cet événement a pour objectif de susciter des vocations et attirer plus de femmes dans les filières scientifiques.

A l’instar des femmes scientifiques de son époque, Ada a du signer ses travaux de ses simples initiales. Elle reste cependant une figure emblématique des femmes dans l’IT ou plus généralement des sciences.


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